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Quand on touche à un monument aux morts dans un village, ce n’est jamais neutre.

Un monument aux morts ne s’enferme pas (ou variante plus sobre) Quand la mémoire se retrouve derrière des barrières


Ce n’est pas une simple pierre au milieu d’une place.
Ce sont des noms.
Des familles.
Des dons versés par les habitants.
Des générations qui se sont réunies pour élever ce monument.
Des veuves qui venaient s’y recueillir.
Des enfants qui apprenaient ce que signifiait le mot « sacrifice ».

Un monument aux morts, c’est la mémoire collective d’un village.

Il rappelle que plus de soixante hommes de nos communes ont perdu la vie.
Il rappelle qu’ils étaient des fils, des pères, des maris.
Il rappelle qu’après eux, des femmes ont vécu avec l’absence.

Aujourd’hui, ce monument est entouré de barrières métalliques.
Un lieu financé par souscription publique.
Un lieu qui appartient moralement à tous.

La sécurité est un argument que personne ne conteste.
Mais la mémoire mérite mieux qu’un enfermement visuel.

Voir les noms derrière des barreaux,
voir l’accès complexifié pour les cérémonies,
voir la pierre se salir sans entretien régulier,
interroge.

Protège-t-on vraiment la mémoire…
ou l’éloigne-t-on peu à peu du cœur du village ?

Un monument aux morts n’est pas un obstacle urbain.
Ce n’est pas un élément décoratif.
Ce n’est pas un mobilier à contourner.

C’est un lieu de recueillement.
Un lieu de transmission.
Un lieu de respect.

La mémoire ne doit pas être mise à distance.

Elle doit être entretenue.
Accessible.
Vivante.




Quand on touche à un monument aux morts dans un village, ce n’est jamais neutre.

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