Les monuments du souvenir

 

À Pleure, plusieurs lieux entretiennent la mémoire des habitants des quatre communes — Pleure, La Chaînée-des-Coupis, Chêne-Bernard et Sergenon — qui ont été appelés à servir ou qui sont morts au cours des conflits du XXe siècle. Le monument aux morts, le carré militaire du cimetière et la plaque commémorative de la gare consacrée à l’Algérie forment trois repères différents, mais complémentaires : l’un rassemble les noms, l’autre conserve des tombes et des plaques individuelles, le troisième rappelle une génération d’appelés partie bien plus tard en Afrique du Nord.

1. Le monument aux morts

Le monument aux morts de Pleure a été acquis en 1919 par les quatre communes de l’ancienne paroisse. Sa conception est particulière : chacun de ses côtés est consacré aux morts de l’un des quatre villages — Pleure, La Chaînée-des-Coupis, Chêne-Bernard et Sergenon. Lors des cérémonies, chaque maire peut ainsi se placer face au côté correspondant à sa commune.

Il constitue naturellement le principal lieu de rassemblement lors des cérémonies du souvenir. Mais il est aussi un document historique : les noms qui y sont gravés permettent aujourd’hui de retrouver les parcours individuels, les familles, les métiers, les régiments et les lieux où ces hommes ont combattu et sont morts. C’est précisément le travail engagé actuellement à partir des archives militaires et familiales.

Le monument ne doit donc pas être regardé seulement comme un élément de pierre au centre du village. Il est le point de départ d’une histoire collective que l’on peut encore reconstituer, homme par homme.

2. Le carré militaire du cimetière

Le cimetière de Pleure possède également un carré militaire lié aux corps rendus aux familles de Pleure, Sergenon et La Chaînée-des-Coupis. Les anciens documents de travail y recensent 16 personnes mentionnées sur les tombes ou plaques.

Ce carré présente une particularité importante : une inscription ou une plaque ne signifie pas toujours que le corps de l’homme concerné repose effectivement sous la tombe. Il faut donc distinguer soigneusement les soldats inhumés, ceux qui sont commémorés par une plaque, et ceux dont le nom figure également sur le monument aux morts. Cette distinction est au cœur du travail historique actuellement mené.

Le carré a aussi fait l’objet de préoccupations concernant son état : tombes vieillissantes, plaques endommagées ou disparues, allées et sol à reprendre. Dès 2022, une démarche avait été envisagée avec le Souvenir Français pour étudier sa restauration et réaliser un dossier historique sur les hommes qui y sont honorés.

Aujourd’hui, le travail va plus loin : chaque militaire fait progressivement l’objet d’une véritable recherche biographique, familiale et militaire. Le carré devient ainsi non seulement un lieu de recueillement, mais aussi un véritable réservoir de mémoire locale.

3. La plaque commémorative de l’Algérie

La mémoire locale ne s’arrête pas aux deux guerres mondiales. À la gare de Pleure, une plaque commémorative a été installée par l’association des anciens combattants le 28 mars 2015. Elle rappelle le départ vers l’Algérie de jeunes hommes originaires des quatre communes.

Le travail réalisé sur ce sujet recense 33 habitants des quatre communes appelés en Afrique du Nord. Parmi eux figurent notamment des habitants de Pleure, de La Chaînée-des-Coupis, de Sergenon et de Chêne-Bernard.

Ces hommes n’ont pas tous connu le même parcours. Certains sont partis dès le milieu des années 1950 et sont restés près de deux ans ; d’autres ont été appelés à la fin du conflit pour des périodes plus courtes. Les documents conservés permettent notamment de suivre les parcours de Xavier Ventard, Jean Desgouilles, Henri Boichut ou Jean Dubail.

Cette plaque a donc une fonction particulière : elle ne commémore pas seulement des morts, mais aussi toute une génération de jeunes hommes qui ont quitté leur famille, leur village et leur vie quotidienne pour effectuer leur service en Afrique du Nord.


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