Maurice Puget naît le 23 juillet 1896 à Sainte-Croix, dans le Jura. Issu d’une famille d’agriculteurs, il est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale. Il combat notamment dans la Somme, où il est blessé, puis sur le front d’Orient. Après la guerre, il s’installe à Neublans et se consacre à la pisciculture. Il épouse Alice Thivant, avec laquelle il a deux enfants, Simone et Guy.
À partir du 26 septembre 1943, sous les ordres de Louis Richard et au sein du réseau « Grand-Père » du lieutenant-colonel Gross, Maurice Puget entre dans la Résistance sous le pseudonyme de « Bonnot ». Il constitue un groupe franc d’environ douze hommes, actif principalement dans les secteurs de Neublans, Chaussin et Pleure. Ses missions concernent le renseignement, les sabotages, l’aide aux jeunes réfractaires au STO, la fourniture de faux papiers et les liaisons entre groupes résistants. Il est chargé de mission de 3e classe, correspondant au grade de sous-lieutenant.
L’un des aspects les plus marquants de son action concerne les sabotages ferroviaires. Huit déraillements sont attribués à son groupe. Plusieurs ont lieu sur la ligne entre Pleure et Chaussin : le 26 février 1944, le 8 mars avec le train n° 9301, puis le 20 mars avec le train n° 9626. Maurice Puget est notamment aidé par François Duchassin, cheminot de Neublans. Ces actions visent à ralentir les transports de troupes et de matériel de l’armée allemande.
Dénoncé, Maurice Puget est arrêté le 29 mars 1944 à Neublans. Après son arrestation, il est détenu à Chaussin, puis transféré à la prison de Lons-le-Saunier. Le 3 mai 1944, il est conduit à Compiègne, puis déporté en Allemagne le 21 mai. Il est interné au camp de concentration de Neuengamme, près de Hambourg.
Il meurt d’épuisement à Neuengamme le 5 mai 1945, quelques jours seulement avant la fin de la guerre. Reconnu « Mort pour la France », Maurice Puget est titulaire de la Croix de guerre avec palme, de la Médaille de la Résistance et de la Légion d’honneur.
Son parcours rappelle le rôle essentiel joué par les résistants locaux dans le renseignement, les sabotages et la lutte contre l’occupant allemand dans la région de Neublans, Chaussin et Pleure